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jeudi

Comment la BCE peut-elle éviter la déflation ?

Rien de pire pour une économie que de connaître une spirale déflationniste (la dernière connue en France remonte à 1929, rien de bien réjouissant !). Or, depuis plusieurs mois, la crainte s'installe d'une baisse généralisée des prix. La Banque Centrale européenne (indépendante des Etats-membres) a en charge l'ensemble de la politique monétaire dans la zone euro. Autrement dit, elle fixe par ses interventions le niveau du taux d'intérêt directeur qui conditionne le taux des crédits (donc le coût de l'emprunt) et la quantité de monnaie nouvelle qui circulera sur le territoire (pour chaque nouveau crédit accordé, la masse monétaire augmente... jusqu'à ce qu'il soit remboursé). Elle vient, cet après-midi et pour la première fois, d'annoncer des mesures inédites. Pour faire rebondir l'économie de la zone euro, elle va  s'attacher à inonder les marchés de liquidités... Comment ? En proposant de racheter aux acteurs qui en ont (banques, entreprises principalement) des titres de dettes publiques des États (à raison de 60 milliards par mois pendant un an et demi environ). Cela permettrait en contrepartie de ces titres de leur délivrer des euros constituant des facilités de paiement ou permettant, par exemple, de faciliter encore les conditions des prêts aux ménages et aux entreprises. Car jusqu'à maintenant l'abaissement du taux d'intérêt à un niveau quasiment nul n'a pas eu de grands effets sur l'économie. Il fallait donc trouver un autre moyen d'intervenir pour la BCE. Ces nouvelles conditions s'appellent un assouplissement quantitatif (QE pour les anglo-saxons quantitative easing).
Les difficultés rencontrées actuellement sont liées à une demande faible, ces mesures pourraient permettre de la relancer et de contribuer à faire baisser l'euro par rapport aux autres devises mondiales (c'est bien ce qui s'est passé encore aujourd'hui, l'euro devient moins rare, il est donc moins cher). Pourquoi laisser la valeur de l'euro filer ? Pour stimuler nos exportations vers le reste du monde et donc la production des entreprises intra-européennes dont les produits deviennent plus attractifs, le point de mire c'est la croissance économique. Et l'inflation dans tout ça : une augmentation de la demande en est un stimulant et la baisse de l'euro contribuerait à faire augmenter le prix des produits importés... invitant le retour à une légère hausse des prix.
Dans ses statuts la Banque Centrale Européenne doit s'assurer de la stabilité des prix et avoir l'oeil rivé sur une hausse des prix modérée dans la zone euro (2%/an). Qu'elle veuille relancer l'inflation est une réelle nouveauté mais, si vous l'avez bien compris, c'est pour éviter bien pire.

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