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lundi

La "tragédie" des biens communs

En cette période de soldes, les baisses de prix entraînent parfois (souvent !) une lutte acharnée des consommateurs pour obtenir le produit tant convoité. Il s'agit pourtant d'un fonctionnement normal de marché. Pour l'économiste : un bien (un vêtement par exemple) existe en quantité limitée et son achat par un individu empêche un autre consommateur d'en profiter, on dit qu'il y a rivalité. Devant la vitrine, ceux qui trouvent le vêtement encore trop cher, ne participent pas à la bataille et sont en dehors du marché, on parle d'exclusion des consommateurs par les prix.
Tous les biens (matériels) ou services (immatériels) ne répondent pourtant pas à ces deux caractéristiques (rivalité et exclusion). L'air que nous respirons, la lumière du soleil sont des biens libres et jamais ma consommation n'empêche un autre individu d'en profiter à son tour.
Dans d'autres cas encore, les "biens" existent en quantité limitée mais on a du mal à exclure les consommateurs. Il en est ainsi des biens communs (rivaux mais difficilement excluables) : les ressources maritimes, les nappes phréatiques, le climat... Leurs caractéristiques les vouent souvent à la destruction face à des comportements déraisonnables. C'est ce que les économistes appellent la tragédie des biens communs. L'illustration en a été donnée avec l'exemple du "droit de vaine pâture" accordé à certains paysans pour leurs animaux. Il entraîne chaque utilisateur à maximiser la taille de son troupeau engendrant à terme la disparition de la ressource à brouter.
Aujourd'hui la surpêche amène les mêmes désagréments, en Méditerranée avec la disparition du Thon rouge par exemple.
Les solutions passent souvent par la rétablissement de droits de propriété sur la ressource, l'intervention régulatrice de l’État (interdiction, création de parcs naturels...) ou la gestion communautaire de ces biens (cf. les travaux d'Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie en 2009, plus de renseignements ici).