Du mouvement des « indignés », aux salariés de différents pays, jusqu'aux lycéens de Gondecourt,
la journée d'hier a été marquée par des manifestations contre
l'austérité.
De quoi parle-t-on
exactement ? Au niveau de sa politique économique, un
gouvernement a le choix entre politique de rigueur (on dit aussi d'austérité)
ou la relance de l'économie. Généralement, en période de crise,
il choisit d'accélérer ses dépenses (aides sociales, subventions,
prime automobile...) et/ou de baisser ses recettes (principalement
fiscales) pour redonner du souffle aux acteurs de l'économie
(ménages, entreprises...). C'est ce qui a été tenté en 2009 avec
de nombreux plans de relance (Etats-Unis, France...) destinés à lutter contre le
ralentissement généralisé de l'activité économique suite aux
premières conséquences de la crise financière.
Depuis, la crise a changé
de forme, principalement dans l'Union européenne, elle est devenue
une crise de confiance dans la capacité de certains pays à
rembourser leurs dettes. Il faut dire qu'entre temps, la situation des finances publiques s'était nettement dégradée. Un pays est comme un ménage ou une
entreprise, il ne peut vivre indéfiniment au-dessus de ses moyens.
Depuis plus de 30 ans maintenant, la France dépense chaque année
plus qu'elle ne reçoit de l'économie (Éducation, recherche,
justice, défense nationale sont ses principales dépenses ;
TVA, impôt sur le revenu, impôts sur les sociétés sont ses
principales ressources). Elle est donc en déficit budgétaire.
Chaque déficit s'ajoute aux déficits précédents et c'est ce qui
forme l'endettement (plus de 1600 milliards d'euros en France
aujourd'hui, c'est l'équivalent de plus de 70% d'un PIB français). Habituellement, des
acteurs économiques divers (qui ont une épargne disponible) acceptent de
« prêter » de l'argent à ces États qui ont des besoins
de financement (ils récupèrent des revenus financiers : les
fameux intérêts). L'opération est rentable et peu risquée.
Mais aujourd'hui des
doutes surviennent quant à la capacité de certains pays à faire
face à leur dette. La Grèce en est l'exemple type (ses dettes
publiques représentent plus de 150% d'un PIB grec, autrement dit une
fois et demi ce que l'ensemble des agents économiques en Grèce sont
capables de produire comme richesses en une année !). Les
agents qui pourraient financer le pays ne le font plus ou alors le lui
font payer très cher (un taux d'intérêt élevé est exigé).
A un moindre niveau, la
plupart des pays européens sont aussi endettés et semblent décidés
à s'attaquer au problème des déficits (pour faire plaisir aux
marchés financiers, diront certains, pour être responsables et ne
pas faire peser cette dette sur les générations futures, diront les
autres). Mais si le mal est douloureux, la solution l'est aussi. Elle
exige de la part des gouvernements une restriction des dépenses
(diminution de la place de l’État dans l'économie qui doit faire
accepter son désengagement de certaines missions : le non
remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite en est
un exemple) et une augmentation des recettes (la taxation des
mutuelles de santé, la fin de la défiscalisation des heures
supplémentaires...) pour réduire les déficits et à terme
l'endettement. Les agents économiques doivent donc se « serrer
la ceinture ». Le risque étant qu'à trop déprimer
l'économie, elle se mette à tourner au ralenti, distribuant moins
de revenus et supprimant au passage des milliers d'emplois. C'est
l'illustration que nous proposait Alternatives économique dans son
numéro de juin 2010 en titrant "Rigueur : le piège".
Bref l'austérité n'est
jamais populaire, les jeunes l'ont certes compris, certains
souhaitent exprimer d'une certaine façon leur peur de l'avenir. A eux de
trouver maintenant la meilleure modalité d'action pour faire part de
cette crainte ou pour réfléchir à d'autres choix de société (mais en
l'état actuel des choses le blocus de l'établissement n'est sans
doute pas la décision la plus pertinente pour l'exprimer).
Article écrit grâce à la
réflexion menée avec les élèves de 1E3 présents ce mardi

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